La fièvre (suite) : causes, mécanismes, mesure.
«Apprenez à reconnaître les s ignes de danger !»
La fièvre est définie comme étant l’élévation continue de la température corporelle. Il s’agit généralement d’une réaction de défense contre une agression interne.
Chez l’homme, la température corporelle normale est de 37,2°C environ. La fièvre est définie comme une température au repos supérieure à 38°C. Quand la fièvre dépasse 40°C, elle est considérée comme un risque de santé majeur et majeur.
Quelles sont les causes de la fièvre ?
Sachons tout d’abord que la fièvre n’est pas une maladie, mais un symptôme pouvant être associé à plusieurs situations pathologiques des plus bénignes aux plus sévères. Notons que la plupart des infections s’accompagnant de fièvre sont d’origine virale. Il est important de noter que ce n’est pas le degré de la fièvre, ni sa durée, qui permettra de différencier une infection virale d’une infection bactérienne mais, ce sont éventuellement les signes d’accompagnement associés à la fièvre qui permettront d’orienter le diagnostic.
La fièvre peut aussi apparaître à la suite d’une vaccination ou de certains types de traitements.
Certaines maladies telles les arthrites, le paludisme…, peuvent également être mises en cause.
Quels sont les mécanismes qui l’induisent ?
La fièvre est la conséquence d’un déplacement vers le haut du point d’équilibre thermique en raison de la libération de substances pyrogènes, exogènes, d’origine virale ou bactérienne, ou encore endogènes, libérées par certains globules blancs intervenant dans les mécanismes de défense de l’organisme.
Ce réajustement du thermostat hypothalamique à un niveau supérieur contribue à diminuer la thermolyse par vasoconstriction périphérique et à augmenter la thermogenèse par les frissons qui augmentent l’activité musculaire.
Les salicylates et la fièvre
Le meilleur remède au monde contre la fièvre, c’est l’aspirine, dérivée des salicylates, que l’on trouve dans l’écorce de saule et bien d’autres plantes. Les sales, qui poussent dans l’hémisphère Nord jusque sous les tropiques, étaient déjà utilisés par des milliers de groupes ethniques longtemps avant que la firme Bayer n’entreprenne de transformer l’aspirine naturelle en une pilule pharmaceutique.
En tant que phytothérapeute, je connais bien le mystère des salicylates. S’il abaisse la température du corps humain en cas de fièvre, l’acide salicylique provoque chez les plantes exactement l’inverse, à savoir un échauffement pouvant atteindre jusqu’à 6°C au-dessus de la température de leur milieu ambiant. Les salicylates sont la raison pour laquelle la neige fond autour de certaines plantes herbacées comme les diverses espèces de l’ellébore, le pied-de-griffon, la patte d’ours. Ne me demander pas d’explication à ce phénomène ; je me contente de vous le décrire, comme je l’ai constaté.
Comme la grande majorité des substances phytochimiques qui abaissent la fièvre, les salicylates ont un goût amer. Cette amertume semble étroitement liée à leur pouvoir thérapeutique. Si vous avez l’intention de traiter la fièvre à l’aide de plantes, il faut donc vous préparer à avaler une tisane plutôt désagréable au goût.
En règle générale, évitez de vouloir systématiquement faire baisser la fièvre dès son apparition. N’ayez recours à un remède que si l’état fiévreux commence à devenir inconfortable. En cas de fièvre élevée (au-delà de 39,5°C), il est bien entendu préférable de consulter un médecin le plus rapidement possible. Si la température est moins élevée (de 37,2 à 38,2°C) vous pouvez si vous le souhaitez, avoir recours à l’aspirine, au paracétamol ou à une tisane provenant de ces plantes qui abaissent la fièvre.
Un conseil de prudence, toutefois : la majorité des fièvre bénignes disparaissent en un ou deux jours. Si elle persiste cependant plus de 48 heures, ne manquez pas de consulter votre médecin.
L’aspirine, quels sont ses vertus et éventuels dangers ?
- Contre la douleur. Contre les migraines et les maux de dents ou de dos occasionnels, l’aspirine a longtemps été un analgésique de choix. Elle est également appréciée des sportifs car, elle soulagerait les courbatures, les douleurs musculaires. Enfin, elle est capable de faire baisser rapidement la fièvre. Cependant, on l’utilise de moins en moins dans cette indication en raison de ses effets indésirables. Agressive pour la paroi de l’estomac, elle est souvent remplacée par une autre substance, le paracétamol. Et comme elle a tendance à faire saigner, elle est déconseillée au moment des règles.
- Contre les rhumatismes. A dose plus élevée, l’aspirine se révèle un puissant anti-inflammatoire lors des rhumatismes. Elle agit en bloquant la production de prostaglandines (un groupe de substances impliquées dans l’inflammation). A côté d’autres médicaments, elle soulage les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, une maladie féminine dans la plupart des cas et qui touche les articulations et les membres. Elle agit sur la douleur, le gonflement et la raideur. Mais attention, pas question d’en prendre plus de 3g par jour pendant des semaines sans avis médical.
- Elle nous préserverait de certains cancers. Récemment on a découvert qu’elle pourrait avoir un effet protecteur vis-à-vis des cancers de la prostate et du sein, mais aussi du côlon. Autre caractéristique : prise régulière durant au moins deux ans, elle préviendrait l’apparition de la maladie d’Alzheimer (j’y reviendrai incha Allah). A faible dose, elle réduirait aussi le risque de complications chez les femmes enceintes souffrant d’hypertension artérielle. Néanmoins, elle reste contre-indiquée dès la trente-cinquième semaine de grossesse.
- On lui attribue un anti-âge prometteur. Enfin, des chercheurs ont montré il y a peu qu’un produit cosmétique à base d’acide salicylique aurait un certain pouvoir exfoliant, tout en étant assez doux pour la peau. Moins irritant qu’une préparation à l’acide glycolique, il pourrait même améliorer la texture de l’épiderme du visage et atténuer les signes du vieillissement. Des résultats encourageants qui restent à être confirmés.
- Elle limite la formation de caillots. De nos jours, on fait appel à une propriété très intéressante de l’aspirine : empêcher les plaquettes, des éléments du sang de s’agréger entre elles et de former un caillot à l’intérieur des vaisseaux. Et cependant toute la vie d’une plaquette, soit de sept à quinze jours. A cette action dite « antiagrégant » s’ajoute évidemment son effet anti-inflammatoire, bénéfique aussi pour la paroi vasculaire à faible dose, voir à très faible dose (300mg). De récents essais thérapeutiques ont montré qu’elle diminue le risque de mortalité ou de complication lors d’un infarctus du myocarde ou après un accident vasculaire. Les personnes « « à risque » suivent ainsi de plus en plus souvent, et sur de longues périodes, des traitements préventifs à base d’aspirine.
NB : Prudence ! Plus question de donner à un jeune enfant souffrant d’une infection virale accompagnée d’une température élevée, notamment en cas de varicelle.
Fièvre : Apprenez à reconnaître les signes de danger ! Il faut consulter un médecin dans les cas suivant :
- La fièvre frappe un bébé de moins de 4 moins.
- La fièvre s’accompagne de raideurs dans le cou.
- La fièvre provoque une température de plus de 40,5°C et les remèdes administrés à la maison ne l’abaissent pas.
- La fièvre provoque une température de plus de 41°C.
- La fièvre persiste pendant plus de cinq jours.
Chez les enfants de moins de six ans, une température orale de 38,8°Cou plus peut déclencher des convulsions. D’autre part, les adultes qui souffrent de maladies chroniques par exemple de maladies cardiaques ou respiratoires, ne sont pas toujours capables de tolérer des poussées de fièvre prolongées.
Mesure de la température ! La température corporelle se mesure à l’aide d’un thermomètre médical. Suivant le placement de celui-ci, on parle de :
- Température orale : thermomètre placé dans la bouche.
- Température rectale : bout du thermomètre placé dans le rectum via l’anus.
- Température axillaire : sous le bras.
- Température tympanique : mesure infrarouge de la température du tympan.
La température orale et la température axillaire étant moins élevées que la température rectale (-0,5°C pour l’orale, -O,8°C pou l’axillaire).
Quelques précisions sur les thermomètres !
Votre mère pouvait vérifier votre température simplement en vous touchant le front. Si vous n’avez pas hérité de son talent, ou si vous ne faites pas confiance à ce moyen trop simple, vous devez vous en remettre au thermomètre. Voici comment procéder pour obtenir les mesures les plus précises :
- Avant de vous servir d’un thermomètre au mercure, tenez-le par la partie supérieure (et non par le réservoir) et agitez-le en donnant de petits coups de poignet ; attendez que la colonne de mercure arrive sous les 35,5°C.
- Ne faites pas une lecture de votre température orale moins de 30 minutes après avoir mangé, bu ou fumé. Ces activités modifient la température dans la bouche, de sorte que vous obtiendrez une lecture inexacte.
- Placez le thermomètre sous la langue, dans l’une des cavités situées de chaque côté, et non sur le bout de la langue. Ces cavités se trouvent plus près des vaisseaux sanguins qui reflètent la véritable température du corps.
- Maintenez le thermomètre en place en vous servant de vos lèvres et non de vos dents. Respirez par le nez plutôt que par la bouche. Ainsi la température ambiante n’influencera pas la lecture. Gardez le thermomètre dans la bouche pendant au moins 3 minutes (certains médecins recommandent de le garder pendant 5 à 7 minutes) .
- Dans le cas d’enfants de moins de cinq ans, prenez une lecture de la température rectale plutôt que celle buccale. La température rectale est généralement de 0,5 supérieure à la température orale. Les thermomètres pour le rectum ont le bout plus court et plus arrondi.
- Lorsque vous utilisez un thermomètre rectal, mettez l’enfant sur le ventre et sur vos genoux et placez une main sur ses fesses pour l’empêcher de bouger. Lubrifiez le bout du thermomètre avec de la vaseline. Insérez-le doucement et enfoncez-le de 2,5 cm, sans forcer. Le mercure se mettra à monter au bout de quelques secondes. Retirez le thermomètre lorsque le mercure cesse de monter, c'est-à-dire au bout d’une minute ou deux.
- Si le thermomètre se brise dans la bouche ou dans le rectum, ne paniquez pas. Les dommages se limitent généralement à une égratignure superficielle dans la bouche ou sur la paroi du rectum. Appelez un médecin si vous ne retrouvez pas tous les morceaux de verre.
- Après usage, lavez un thermomètre de verre dans de l’eau fraîche et savonneuse. N’utilisez jamais d’eau chaude. Et ne rangez jamais un thermomètre en verre près d’une source de chaleur.
- Utilisez un thermomètre à affichage numérique en suivant les instructions qui l’accompagnent. Après usage, nettoyez le bout avec de l’eau tiède et du savon ou de l’alcool. N’immerger pas le thermomètre dans l’eau et prenez soin de ne pas non plus l’asperger d’eau, car vous risquez de le rendre inutilisable. La pile doit généralement être changée tous les deux ans.
Quelles plantes peut-on utiliser pour abaisser la fièvre ?
Les remèdes que nous pouvons utiliser pour abaisser éventuellement la fièvre sont nombreux. Nous donnons ci-dessous quelques exemples tirés de la tradition africaine et qui ont donné jusque là une grande satisfaction :
- Infuser des feuilles de citronner : se pencher au-dessus de la vapeur qui se dégage de l’infusion, boire de celle-ci.
- Faire bouillir longuement une certaine quantité de filaments (stigmate) qui termine l’épi de maïs. Se pencher au-dessus du liquide bouillant ; boire de celle-ci devenu tiède.
- Boire de très bon matin une eau dans laquelle quelques tranches de Tinospora bakis (bakis en wolof) ont passé la nuit précédente. Bon remède.
- La nuit, avant de se coucher pour dormir, s’enduire le corps de miel. Le matin, se rincer dans une eau tiède.
- Prendre (boisson) une macération de racines de sendiégne (Cassia sieberiana), de gousses de daxaar (Tamarindus indica) et de gousses de sump (Balanites aegyptiaca). Dissipe l’état fièvreux.
- Avant de laver la tête et le corps entier, ajouter à un liquide une eau dans laquelle on a écrasé des feuilles verte de Ditax (Detaruim senegalense).
Serigne Samba Ndiaye : Chercheur-Phytothérapeute : www.sambamara.com