serigne samba ndiaye

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prévenir ou soigner par les plantes

LES CHRONIQUES DE MARA

chronique sur le sida|Accords de partenariat économique UE-ACP| la depigmentation cosmétique
Sortir le Sénégal de la crise|La pédagogie différenciée 


 

 Qu’est ce qui peut sortir le Sénégal de la crise ?

Historiquement la distinction entre pays du Tiers-monde et pays riches développés et industrialisés, s’est opérée avec le mouvement de décolonisation annoncé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Depuis, les premiers se sont engagés de manière inégale dans la voie du développement, enjeu majeur des rapports Nord-Sud. Le monde en voie de développement, où vivent plus de la moitié de la population mondiale, recouvre aujourd’hui une réalité très contestée.

De l’écart entre le Nord et de Sud

Depuis le début des années 1960, le développement du Sud s’est effectué à un rythme extrêmement rapide : les progrès économiques et sociaux réalisés sont à la mesure de ceux que connurent, en un siècle, les nations aujourd’hui les plus riches. Après une période de décollage économique, une rupture est cependant intervenue en 1973 avec le premier choc pétrolier. Le processus de développement s’est en grande partie enrayé avec la crise de la dette en 1982, qui provoqua le tarissement des financements privés et qui fut aggravé par une détérioration continue des termes de l’échange.

Après cette « décennie perdue de développement », la croissance économique a certes repris, mais le retard accumulé explique que l’écart entre Nord et Sud ait globalement continué de s’accroître. Les situations sont cependant très différentes d’une région à l’autre :

L’ensemble constitué par l’Asie de l’Est et le Pacifique, bénéficiant d’une forte croissance économique et de la majeure partie des flux de capitaux privés, est aujourd’hui davantage intégré à l’économie mondiale tandis que recule la pauvreté. La constante est la même en Amérique Latine et dans les Caraïbes. Le continent africain, malgré une récente amélioration en termes de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB), cumule les handicaps sur fond d’extrême pauvreté. Tous les indicateurs sociaux y demeurent inférieurs à ceux des autres régions du monde ; l’investissement et l’épargne y étant toujours insuffisants pour susciter un développement endogène.

Le Sénégal échappe - t-il à la règle ?

Le Sénégal est un pays plat, drainé au Nord par le fleuve Sénégal et au Sud par le fleuve Casamance. Le climat est tropical, plus sec dans le nord, avec une végétation de type sahélienne. Le Sud est dans le domaine de la forêt. Le Sénégal couvre une superficie de 196.714 km2, pour une population d’environ 11millions d’habitants.

Ce pays fut peuplé depuis la préhistoire. Au 11e, les Almoravides islamisèrent la vallée du fleuve Sénégal, qui, base d’expansion de l’Islam, acquit une grande importance.

À partir du XVe siècle, les côtes sénégalaises furent reconnues par les Européens. La colonisation française débuta au XVIIe siècle (fondation de Saint Louis, 1659). L’intérieur du pays fut soumis par Faidherbe (1854-1865), qui s’attacha à sa mise en valeur (arachide, coton) et fonda Dakar en 1857. La colonie fut une base de l’expansion française en Afrique occidentale, et Dakar devint le centre de l’A.O.F en 1902.

Devenu indépendant en 1960, le pays s’organisa en une République et se dota en 1963 d’une constitution marqué par un régime de type présidentiel à parti unique. Il fut longtemps dominé par Léopold S. Senghor, président de la République de 1960 à 1980.

Le 1e janvier 1981, il remit le pouvoir à son Premier ministre, Abdou Diouf. Le multipartisme fut ainsi rendu constitutionnellement légal. En 1991, Habib Thiam forma un gouvernement ouvert à certains dirigeants de l’opposition dont l’actuel président de la République, Abdoulaye Wade, élu le 19 mars 2000.

Aujourd’hui, malgré une stabilité politique et une situation géographique enviable, le Sénégal est très pauvre en ressources naturelles. Le secteur de l’arachide, principale culture de rente du pays, est en crise. Cette filière est en chute libre ; Le mil, n’en parlons plus. L’autosuffisance alimentaire n’est plus à l’ordre du jour. Malgré le fait que le secteur agricole emploie environ 70 % de la population, la part du secteur primaire dans le Produit Intérieur Brut (Pib) est en constante régression. La pêche, qui est restée jusque-là un secteur-clé de l’économie familiale sénégalaise, subit les conséquences de la dégradation des ressources halieutiques qui sont l’objet d’une surexploitation sans nul autre pareil. Dans le même registre, le secteur des phosphates malgré une production de 1800000 tonnes /an, est mis en péril par les difficultés financières des Industries Chimiques Sénégalaises (ICS). Malgré l’optimisme des pouvoirs publics sur les prospections des mines aurifères du Sénégal oriental, il n y’a à ce jour point d’or produit à l’échelle industrielle si ce n’est la production artisanale des orpailleurs de la contrée. Les perspectives d’exploitation du gisement de pétrole off-shore décelé au large de la frontière Sénégalo-Bissau-guinéenne sont pour le moment assez floues et aucun investisseur n’est sur le coup.

La dizaine de ports existant entre Saint-Louis et Cap Skirring, faute d’infrastructures adéquates, ne sont en fait que des plages de sable. Et pendant que la crise de l’énergie plombe le Sénégal depuis 2000, les années 2006 et 2007 marquent le paroxysme d’une longue descente en enfer de la Senelec et du secteur dans sa globalité. Les coupures de courant plus ou moins longues font partie intégrante du quotidien des Sénégalais. Alors que c’est un secret de polichinelle qu’aucune activité économique ne peut se développer dans cette "insécurité énergétique permanente". Pendant ce temps, les conditions de vie de la population continuent d’en pâtir.

Quelques pistes de sortie de crise

Toutes ces difficultés tantôt évoquées ne doivent cependant pas nous pousser au découragement. Bien au contraire, elles doivent nous pousser à les diagnostiquer de façon approfondie en vue de leur trouver des solutions idoines. Entre autres pistes de réflexion qui nous ont semblé plausibles pour sortir le pays de sa situation difficile, nous avons retenu l’Histoire et l’Economie.

En effet, elles fondent d’autant plus notre optime en ce sens que les sociétés humaines ont réussi à échapper au "piège malthusien". L’interprétation prometteuse des faits nous vient d’abord des économistes néoclassiques, qui soutiennent que la pénurie croissante des ressources a elle-même constitué le principal stimulant de l’évolution du comportement et des techniques. N’est-ce pas la crise pétrolière des années 70 qui a conduit à la découverte de nouveaux gisements de pétrole et de gaz naturel. Les réserves confirmées sont passées de 50 milliards de tonnes d’équivalent pétrole en 1950 à plus de 250 milliards de tonnes en 1990, en dépit d’une consommation pendant les quarante années concernées, de 1OO milliard de tonnes.

Partant de toutes ces considérations,, l’accent doit être mis sur la satisfaction des besoins fondamentaux des populations. Il ne peut y avoir de développement sans que le problème de l’insécurité alimentaire et sanitaire soit résolu, sans que le niveau d’éducation des hommes et des femmes, acteurs du développement local soit élevé. À la notion d’un modèle imposé de l’extérieur doit se substituer l’idée que le développement devrait être un processus endogène, favorisé par la mise en place d’un cadre politique, financier et juridique favorable à l’initiative économique. Les populations devraient être plus étroitement associées aux projets de développement.

Aussi, à mon humble avis, je crois que nous devons ainsi :
- Veiller à une meilleure distribution des richesses et à une élimination progressive de l’analphabétisme.

- Encourager et soutenir le développement des produits locaux de substitution en promouvant le consommer sénégalais.

- Accroître le rendement et la production ? À titre illustratif, les cultivateurs de la région centrale du Kenya ont fait des plantations très ingénieuses pour porter au maximum la production de leurs lopins de terre, leurs homologues soudanais ont à leur niveau mis au point, sur des sols arides, des techniques qui leur permettent de tirer le meilleur parti des chutes épisodiques de pluie tandis que les petits paysans d’Indonésie gèrent avec compétence des réseaux d’irrigation complexes.

- Rechercher l’équilibre entre la production agro-sylvo-pastorale et la conservation de l’environnement. Dans ce dessein, les pays industrialisés doivent être prêts à contribuer aux financements de programmes visant à préserver les ressources naturelles et à protéger l’environnement,.

- Encourager l’investissement en permettant au monde en développement d’investir dans sa croissance. Sur ce point, rappelons que le Koweït et le Sultanat de Brunei ont investi leurs rentes de ressources en d’autres formes de capital assez productif. En fait, ils les investissent dans l’achat de bons et d’actions sur les marchés internationaux de capitaux, voire dans les industries d’autres pays. C’est ainsi que Brunei, par exemple, a investi en Australie dans le grand élevage et, aux Etats-Unis, dans l’hôtellerie.

- S’appuyer sur l’agriculture. À ce niveau, la Malaysia, est un bel exemple. Elle a su tirer parti de son riche potentiel de ressources naturelles : huile, étain, bois et terre tropicale fertile pour transformer son économie et accroître rapidement le revenu individuel qui a augmenté de 3 % par an en moyenne de 1965 à 1990.

- Financer des pistes de production pour désenclaver l’intérieur du pays.

- Protéger certains produits contre la concurrence étrangère.

- Ouvrir l’Université à la vie en faisant de sorte que les universitaires soient des acteurs de développement.

- Encourager la participation des intellectuels dans la gestion du pays.

- Combattre la corruption sous toutes ses formes.

- Veiller au respect de la démocratie et des droits de l’homme.

- Développer une stratégie de communication cohérente et constante.

Dans la recherche de solutions de sortie de crise, on peut également penser au Tabanani ou Jatropha curcas. En personne très au fait de ses valeurs et vertus, je demeure convaincu que c’est un arbre qui est en mesure de nous sortir de l’ornière. Elle fait partie du sous-règne des Tracheobionta, de la classe des Magnoliopsida, de la sous-classe des Rosidae, de l’ordre des Euphorbiales, de la famille des Euphorbiacées, genre Jatropha. Le Jatropha, est facile à cultiver et pousse en terre aride. Sa durée de vie est de quarante ans. Originaire du Brésil, elle fut introduite au XVIe siècle aux îles du Cap-vert par les navigateurs portugais. On le retrouve maintenant dans toutes les régions tropicales. Ici au Sénégal, il est cultivé dans les zones rurales où il sert de haies vives. Il mesure généralement 2 à 6m de hauteur, à tronc droit, feuilles alternes, cordées à la base et acuminées au sommet. Les fleurs apparaissent avec les premières feuilles ou juste avant la feuillaison. Le fruit, une capsule ovoïde, renferme trois graines noires à maturité. Le pourghère protège les sols et, les fertilise par son humus. Le résidu des graines donne de l’engrais naturel et, entre plantations de Jatropha, on peut envisager des cultures vivrières jusque-là impossibles.

Lorsqu’elle est meurtrie, la plante entière laisse couler une abondante lave de latex translucide. Cette plante est très toxique raison pour laquelle son utilisation demande beaucoup de prudence.

Les Wolofs l’appellent Tabanaani, les Bambaras Bagani, les Diolas Delegu, les Mandingues Tabanano, les Peuls kidi, les Sérères Tuba, les Français Pourghère. La décoction des graines pillées donne une huile jaune pouvant servir à l’éclairage, elle brûle sans fumée. La graine de Jatropha peut fournir également une huile à usage industriel qui peut être utilisée comme biocarburant et, de ce fait, elle intéresse beaucoup les investisseurs étrangers. En effet, cette plante peut produire jusqu’à 1900 litres de diesel par hectare.

Serigne Samba Ndiaye

Phytotérapeute-Tradipraticien-Chercheur

www. sambamara.com

                    
                                           

 

 

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