serigne samba ndiaye

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LES CHRONIQUES DE MARA

 

Accords de partenariat économique UE-ACP au bénéfice des populations  africaines

Pourquoi avoir peur des accords de partenariat économique alors que la marche inéluctable de la mondialisation de l’économie recommande beaucoup de clairvoyance à l’Afrique qui doit savoir profiter des bonnes opportunités. La coopération entre l’Union européenne et l’Afrique a toujours eu des répercutions positives au profit des populations et surtout stimulé l’avancée des grandes priorités  du développement : infrastructures de transport, communications, barrages, etc …

Qu’est ce que les APE ?

L’Europe a décidé depuis 2000 de revoir ses relations commerciales avec les pays ACP en négociant des accords de libre échange, dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2008 : ce sont les accords de partenariat économique (APE), justifiés par la nécessaire mise en conformité avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
L’APE est désormais présenté comme une volonté de renforcer le dialogue politique avec l’Afrique et est une plate-forme visant à solidifier le dialogue existant sur des questions comme l’accès aux ressources énergétiques et la sécurité énergétique, à augmenter les investissements dans les infrastructures énergétiques, à utiliser une part plus importante des recettes tirées du pétrole et du gaz pour des activités de développement, à intégrer la question du changement climatique dans la coopération au développement. En plus, l’APE contient des volets spécifiques à la lutte contre la désertification, la migration et la mobilité de l’emploi, la bonne gouvernance, l’architecture politique et institutionnelle des états africains.

Pourquoi l’Afrique va souffrir ?

En 1972, les pays développés ont souffert de la crise. Ils ont appris et ont développé des stratégies d’adaptation et de domination de la situation.
L’Afrique elle, n’a rien appris et souffrira beaucoup, producteurs et non producteurs de pétrole tous ensemble. En effet, les coûts des entrants vont augmenter et les paysans même sans concurrence extérieure supplémentaire auront du mal, par manque de solutions technologiques innovantes à surmonter la crise actuelle.
Beaucoup qui s’agitent aujourd’hui autour du sujet des APE ne connaissent pas ses tenants et ses aboutissants.

 

Dans quel contexte arrivent les APE ?

Les APE arrivent dans un contexte marqué par l’émergence de beaucoup de pays dont la Chine, l’Inde, du réchauffement climatique, de la confrontation entre des pouvoirs d’Etat essentiellement occidentaux et les courants de pensée essentiellement islamistes, la montée vertigineuse des prix des matières premières et du pétrole en particulier. Cette réalité sera certainement dominante au moins les 20 ans à venir.
L’ensemble constitué par l’Asie de l’Est et le Pacifique bénéficiant d’une forte croissance économique et de la majeur partie des flux de capitaux privés, est aujourd’hui davantage intégré à l’économie mondiale tandis que recule la pauvreté.
La constante est la même en Amérique Latine, dans les Caraïbes.
Le continent africain malgré une récente amélioration en terme de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB), cumule les handicaps sur un fond d’extrême pauvreté, tous les indicateurs sociaux y demeurent inférieurs à ceux des autres régions ; l’investissement et l’épargne sont toujours insuffisants pour susciter un développement endogène.

Sachons que le capitalisme régente le monde

Le contexte international de l’APE est déterminé par des données objectives et par un cadre légal qui s’appelle l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dont les règles ont été définies sur la base du capitalisme qui régente le monde et son exigence d’ouverture des marchés et l’universalisation de la concurrence.
Je ne dis pas que je suis d’accord ni avec le capitalisme ni avec l’OMC, je dis que ce sont des réalités incontournables dont doit partir toute politique réaliste. Chaque pays ou chaque structure multinationale essaie de défendre ses intérêts.
Dans ce contexte, l’Amérique dit, « je suis la championne du capitalisme mais je protège mes agriculteurs avec 3OO milliards de dollars car leur existence est une question de sécurité nationale et il s’agit pour moi de l’existence même de notre nation.
Les Européens disent la même chose en brandissant 60 milliards d’euros.
L’Afrique elle, se soustrait de cette tâche d’autoprotection et se limite à crier ses principes moraux. La morale hélas, pour l’Afrique, n’est pas le principe qui dirige le monde et les relations internationales.

L’APE une porte ouverte à l’investissement et à l’emploi
Les APE viendront renforcer les initiatives d’intégration régionale déjà existantes dans les pays ACP. Elles aboutiront à la création progressive de zones de libre-échange entre les parties. Elles permettent de renforcer et d’intensifier l’intégration régionale et par conséquent d’élargir les marchés des pays ACP.
Des 53 pays africains, 39 ont une population inférieure à 15 millions et 21 une population inférieure à 5 millions. A part quelques rares exceptions, il s’agit avant tout de marchés réduits. Ainsi donc, si l’intégration régionale est mise en œuvre correctement, elle pourra aider à bâtir les marchés où les concepts d’économie d’échelle, de retour d’investissements et de concurrence interne renforcée peuvent avoir un sens réel et stimuler le développement économique et l’emploi. Les APE sont conçus comme des accords généraux, qui contribueront, à mettre en place des marchés régionaux, à diversifier les économies de ces régions et finalement à ouvrir les échanges entre l’UE et ces marchés.

 

Les craintes à l’APE sont-elles fondées ?

Certains avancent que les APE vont occasionner une baisse des recettes douanière, d’autres pensent que les produits européens anéantiront le marché des produits locaux ; une analyse qui fait croire que cela engendra la faillite des producteurs africains et fera de l’Afrique un réservoir de consommateurs.
Cette relative vue d’esprit est relativement fondée, mais dépassée par la logique économique du moment.
L’autarchie économique ne conduit à nulle part sur le plan du développement, encore moins à l’amélioration des conditions de vie des populations. Avec la cherté de la vie actuelle, la précarité du travail, le chômage croissant des jeunes, et la baisse continuelle du pouvoir d’achat des travailleurs, il va s’en dire que les consommateurs auront tout à gagner dans le libre jeu de la concurrence. La baisse des prix éventuelle des produits alimentaires et l’amélioration de la qualité seront les effets positifs à la satisfaction des différentes couches socioprofessionnelles.
Pris à l’épreuve de la concurrence, les industriels africains et les producteurs s’activeront à fournir le meilleur d’eux-mêmes pour répondre à l’exigence du marché ; les échanges entre les pays africains prendront de l’ampleur : l’une des réalités ignorées jusque est que la plupart des pays africains font plus de commerce avec l’Europe qu’avec leurs voisins.
De toute évidence on peut en déduire que l’élimination des obstacles entre pays voisins et la mise en place d’une réelle intégration favoriseraient des échanges commerciaux et renforceraient la croissance économique.
L’Afrique ne doit en aucun cas avoir peur de s’engager dans l’APE qui peut être une voie d’espérance pour son véritable progrès.
Rappelons qu’il est aujourd’hui évident que les tarifs douaniers préférentiels ou l’accès au marché, bien que potentiellement importants, ne sont pas suffisants pour générer le commerce. Bien sûr ils offrent des opportunités, qui restent au stade d’opportunités parce que leurs bénéficiaires ne sont pas en mesure de les saisir.

L’APE est loin d’être un plan machiavélique de l’Europe contre l’Afrique !
Je ne crois pas qu’il existe un plan machiavélique de l’Europe contre l’Afrique qui s’appelle APE, je ne pense non plus que l’UE soit lancée dans une entreprise nocive à l’Afrique. Ce sont les autorités des Etats africains qui sont comptables du bien-être du peuple africain et non les représentants de l’UE.
Rappelons pour paraphraser Socrate que « l’homme agit sur le réel par l’action comme le reste l’ouvrier sur la matière, l’acte authentique est celui par lequel l’homme assume sa situation et la dépasse en agissant ».
Nous devons arrêter de spéculer et agir qui est la seule voie de salut !
Par exemple pour que le Sénégal puisse tirer un avantage de l’APE, il lui faut : valoriser ses ressources humaines et donner des emplois à sa jeunesse, mettre en place des industries de transformation de produits agricoles et protéger son marché intérieur en appelant en premier lieu le sénégalais à consommer sénégalais, financer des pistes de production pour désenclaver l’intérieur du pays, encourager l’investissement, utiliser le savoir et le savoir-faire pour accroître la compétitivité des productions sénégalais à l’échelle régionale et à l’échelle mondiale. Puisque l’APE n’empêche pas le sénégalais d’accomplir ces réalisations alors je ne crois pas que l’APE soit en première ligne la source des maux des paysans sénégalais et du Sénégal.

 

Méditons l’exemple japonais !

Le Japon, est une puissance économique construite sans grands atouts naturels : aigu, ruiné par la défaite de 1945, fortement dépendant de l’extérieur pour de nombreuses ressources( en quasi-totalité pour le pétrole, le charbon et la plupart des métaux,  60% pour les produit alimentaires ).
Il occupe aujourd’hui le deuxième rang économique mondial derrière les USA, et , représente 15% du PNB de la planète contre 4% en 1960.
Le miracle japonais de la période 1955-1973 durant laquelle le taux de croissance annuelle moyen dépassait 10%, puis l’internationalisation de l’économie depuis1973, ont fait du Japon un véritable géant qui fascine et inquiète à la fois :

  1. 1er rang mondial pour la construction automobile
  2. 2eme pour la sidérurgie et la chimie
  3. 3eme pour le textile
  4. Il est à la pointe des industries de haute technologie ( électronique, bio-industries ), et s’affirme comme leader incontesté dans les domaines tels que l’audiovisuel.

Les causes de ces succès sont : une étroite cohésion sociale,( homogénéité ethnique ), le respect strict de la hiérarchie, le culte du travail et pas de gaspillage.


 
                                    Serigne Samba Ndiaye : Chercheur, Phytothérapeute, Tradipraticien
                                    Site web : www.sambamara.com

 

 

 

 

 


                                             
                                             

 

 

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