L’utilisation des plantes médicinales
S’il existe environ 300.000 espèces végétales ayant chacune une composition chimique différente, moins de 10% d’entre elles ont été scientifiquement passées au crible afin d’établir leurs éléments médicinaux et toxiques.
Comment utiliser les plantes ?
Plantes fraîches et plantes sèches : la principale différence entre les plantes fraîches et les plantes séchées tient à leur contenu en eau. A quantité de feuilles, les plantes conservent leur taux de substances phytochimiques médicinales même après avoir été séchées pendant quelques temps. Cependant, ces substances sont davantage concentrées dans les plantes séchées parce que ces dernières contiennent moins d’eau. Si vous utilisez la plante fraîche, vous devrez la multiplier par quatre pour avoir le même résultat.
Infusion ou décoction ? Il existe deux sortes de tisanes : les infusions et les décoctions. Infuser, c’est laisser une plante dans de l’eau chaude 10 à 15 minutes afin que les substances phytochimiques thérapeutiques passent de la plate à l’eau. Les décoctions au contraire consistent à la faire bouillir dans l’eau pendant 10 à 20minutes.
L’heure de cueillette : les feuilles doivent être cueillies par une journée chaude et sèche avant qu’elles ne soient desséchées. Les racines et les écorces, mieux vaut les recueillir tout juste avant la saison des pluies ; c’est pendant cette période qu’elles sont plus concentrées en éléments photochimiques.
La conservation : Sécher les plantes avant de les conserver. Rassemblez-les dans un sac en plastique, et précisez sur le sac le nom de la plante et la date de cueillette. La lumière, la chaleur et l’oxygène sont les ennemis du pouvoir thérapeutique des plantes.
Les plantes agissent grâce à leurs principes actifs !
À la suite des progrès de la médecine, en particulier après la découverte des antibiotiques, grâce auxquels de nombres fléaux de l’humanité ont pu être maîtrisés, on pourra bientôt remporter la victoire sur les maladies.
L’efficacité de nombreuses plantes médicinales a été étudiée et beaucoup de substances actives ont été déchiffrées.
En guise d’exemple la célèbre Belladone contient de l’Atropine, qui à une action directe sur le corps: sédative et effets sur les troubles nerveux.
Les Anthraquinones ont des effets irritants et laxatifs sur le gros intestin. Ces substances fluidifient les selles et améliorent le transit intestinal.
Les antioxydants qui nettoient l’organisme des radicaux libres sont capables de freiner la progression du virus du Sida dans le sang. Les Anthocyanes sont issus de l’hydrolyse des anthocyanides qui donnent aux fleurs et fruits leur teinte bleue, rouge ou pourpre. Ce sont de puissants antioxydants qui nettoient l’organisme des radicaux libres. Les sels minéraux sont facilement assimilables par l’organisme : le silice est efficace contre l’arthrite et reconstruit le tissu conjonctif ; le fer est indispensable à la formation du sang. On le trouve dans les haricots, les lentilles, les légumes. Sa carence entraîne l’anémie. Les tannins ont une propriété astringente et par voie de conséquence, permettent de lutter contre les hémorragies. La vitamine B1 protège les nerfs et le cœur : on la trouve dans l’arachide, les céréales entiers, le pain de singe, les dattes, les haricots, les lentilles.
L’immense variété thérapeutique des plantes médicinales pour un grand nombre d’affections s’est confirmée, de même par voie de conséquence, leur valeur pour notre santé en tant que remèdes, le plus souvent bien tolérée.
Les applications de la médecine populaire se sont révélées correctes dans leur grande majorité; mais un certain nombre d’applications déjà séculaires ont été démasquées comme superstitions.
L’utilisation d’une plante peut être généralisée si elle obéit au moins aux critères suivants:
Peu ou pas de toxicité
L’utilisation pour une indication donnée dans plusieurs pays
Posologie précise
Par exemple l’Euphorbia hirta utilisé par voie orale, est dépourvue de toxicité. Cette plante est récupérée pour trois actions principales: Antiasthmatique, Anti-diarrhéique et Antiamibienne.
LES PLANTES SONT – ELLES SÛRES ?
La plupart des gens s’imaginent que les produits pharmaceutiques prescrits par leur médecin sont incontestablement supérieurs aux remèdes à base de plantes que seuls quelques rares praticiens connaissent; cela me réjouit beaucoup de constater que ce tableau est en train de se transformer radicalement. Durant mes 15 ans de carrière, j’ai pu constater qu’il était possible de traiter avec succès par les plantes médicinales toutes sortes de maladies contre lesquelles les remèdes pharmaceutiques les plus perfectionnés ne pouvaient rien.
Les firmes pharmaceutiques disent que leurs modules sont meilleurs, plus puissants, plus ciblés et plus sûrs que les plantes. Je leur accord volontiers qu’ils sont plus puissants, ce qui fait d’ailleurs qu’ils sont plus forts, entraînant des effets secondaires désastreux que leurs précurseurs végétaux ne produisaient peut être pas.
Quant à savoir si les produits pharmaceutiques sont meilleurs, c’est parfois difficile à dire. Dans le cadre de certaines recherches l’efficacité supérieure des produits phytothérapiques ne fait aucun doute. Ainsi il a été démontré que l’association du gingembre au miel était plus efficace au tagamet dans le traitement de l’ulcère gastrique.
Certains des nouveaux médicaments chimiothérapiques, parmi les meilleurs, proviennent d’ailleurs de plantes : la vinblastine et la vincristine, toutes deux tirées de la pervenche de Madagascar, servent aujourd’hui à traiter la maladie de Hodgkin, la leucémie et l’hématosarcome. L’ail contient un antioxydant l’ajoène capable de stopper la progression du virus du sida. L’ail neutralise le venin des insectes, c’est un anti-bactérien et aussi un fongicide puissant qui soigne les candidats albicans. L’iode et la silice qu’il contient dilatent les capillaires ce qui facilite la respiration et diminue les troubles respiratoires. L’ajoène empêche aussi la coagulation du sang. Le persil est surtout connu comme une excellente source de chlorophylle capable de combattre la mauvaise haleine. Il contient beaucoup de zinc, bénéfique au système de reproduction chez l’homme. Dans le cas du traitement de l’adénome de la prostate, je suis prêt à parier que le traitement à base de plantes est plus efficace que les médicaments le plus souvent prescrits ou la chirurgie. Il s’agit des médicaments sur ordonnance à base de finastéride (chibro-Proscar), homologués pour prévenir la prolifération prostatique, c'est-à-dire la multiplication de nouvelles cellules prostatiques, qui est à l’origine de l’hypertrophie de la prostate chez l’homme de plus de 50 ans. Mon défi repose sur un remède parallèle à base de trois plantes : le Piliostigma reticulatum, le Mongera oleifera et l’Adansonia digitata respectivement appelés en wolof : nguiguis, nebedaay et gouye. Ce mélange permettrait d’obtenir des résultats meilleurs que ceux qu’aurait donnés le chibro-Proscar. J’affirme aussi que le remède que je viens de préconiser est moins cher et probablement plus sûr.
Je ne dis pas que les médicaments sont mauvais, j’affirme simplement que nous devons effectuer davantage de recherches visant à tester les plantes médicinales afin de les comparer aux remèdes pharmaceutiques. Tant que ces recherches ne sont pas menées il restera tout simplement impossible de savoir lesquels sont les plus efficaces.
Le défi auquel nous devons faire face, c’est d’aller au delà des suppositions faites par les médecins, les services publicitaires, des sociétés pharmaceutiques et le processus d’homologation restrictif imposé par certains gouvernements. Notre défi consiste à penser vert - non pas le vert mercantile, mais le vert vivifiant et dynamique de la Chlorophylle, le vert qui nourrit, réchauffe, oxygène et guérit.
La médecine phytothérapique n’est pas dénuée de danger !
Dans la médecine traditionnelle, on trouve de nombreuses pratiques et remèdes qui varient d’un pays à l’autre. Si certaines pratiques sont sûres d’autres sont douteuses.
Je serais le premier à dire que la médecine phytothérapique n’est pas dénuée de danger. Pour que l’utilisation des plantes puisse vous être bénéfique, il faut que vous possédiez des informations de base élémentaires. Vous devez aussi faire confiance tant aux plantes que vous utilisez qu’au phytothérapeute que vous consultez.
Malgré tout il convient d’être prudent lorsqu’on fait appel à la médecine phytothérapique. Sachez que des problèmes peuvent y survenir; seulement diverses stratégies pourront vous aidez à vous protéger.
Assurez-vous que la plante que vous utilisez est la bonne. Si vous n’en êtes pas sûrs évitez de vous en servir.
La même règle s’applique surtout aux personnes, qui récoltent les plantes.
Faites attention aux plantes qui se ressemblent.
La mauvaise utilisation de certains remèdes à base plantes médicinales peuvent avoir des effets nocifs. Par exemple les graines de Jatropha curcas bien que bonnes pour la constipation peuvent à forte dose entraîner une intoxication. D’autres plantes à forte dose peuvent être abortives.
Le Tinospora bakis bien que hépatoprotecteur peut, à très forte dose entraîner une dégénérescence graisseuse du foie.
Quelle que soit la plante que vous avez l’intention d’utiliser, je vous recommande de vous renseigner autant que possible sur ce que vous pouvez en attendre.
En cas de problème, cessez immédiatement de prendre la plante en question et consultez dans les plus brefs délais un spécialiste en qui vous avez confiance.
Comme conseils
-vérifiez le diagnostic
-Soyez attentif aux effets secondaires
-Attention aux réactions allergiques
-Méfiez –vous des interactions
NB : L’heure de cueillette ainsi que le mode de stockage des plantes médicinales sont extrêmement important à savoir pour bénéficier au mieux de leur pouvoir thérapeutique
Serigne Samba Ndiaye : Chercheur-Phytothérapeute-Tradipraticien
Site web : www.sambamara.com