L’éducation tient une place considérable dans toutes les sociétés. C’est par elles que celles-ci s’appliquent à maintenir vivant et à affirmer leur idéal à imposer leur table de valeurs. Même si l’école est née pour suppléer à l’insuffisance des familles face au développement constant de la civilisation et à l’élargissement des connaissances, l’éducation a toujours existé sous une forme ou sous une autre. De l’antiquité à nos jours, les conceptions que les penseurs se font de l’éducation oscillent à mesure que se précisent les diverses conceptions de la personne humaine. Et de la diversité de ces conceptions découlent les difficultés pour définir l’éducation.
Qu’est ce que l’éducation ?
Le mot éducation est relativement récent puisqu’on ne le rencontre pas dans la langue française avant 1527. Etymologiquement il st une transcription du mot latin <<educare>> qu’on employait indifféremment pour la culture des plantes, l’élevage des animaux la nourriture et l’instruction des humains.
Le littré définit l’éducation comme étant : <<l’action d’élever un enfant, un jeune homme l’ensemble des habitudes intellectuelles et manuelles qui s’acquièrent et l’ensemble des qualités morales qui se développent.
Si nous nous tournons vers les philosophes, la diversité des définitions est aussi grande que les diversités des doctrines. Pour Platon, l’éducation a pour fin de donner à l’âme et au corps toute la beauté et la perfection dont ils sont susceptibles.
Kant dira lui aussi que le but de l’éducation est de <<développer dans l’individu toute la perfection dont il est susceptible>>.
Pour Aristote le rationaliste : <<éduquer l’homme c’est l’emmener à vivre selon la raison c'est-à-dire mener une vie rationnelle>>.
Les psychologues pour leur part caractérisent l’éducation comme <<l’ensemble des efforts ayant pour but de donner à un être la possession complète et le bon usage de ses diverses facultés>>.
En d autres termes ils prônent l’épanouissement intégral de l’individu.
La définition qu’en donne le sociologue Durkheim semble être l’acceptation la plus couramment utilisée. Il définit l’éducation comme étant : <<l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûrs pour la vie sociale. Elle a pour but de susciter et de développer chez l’enfant un certain nombre d’états physiques intellectuels et mentaux que réclame de lui et la société politique dans son ensemble et le milieu social auquel il est particulièrement destiné.
Psychologie de l’enfant
L’étude du développement de l’enfant est d’une grande complexité. Plusieurs théories élaborées par des recherches expérimentales ont tenté de cerner cette réalité fluctuante qu’est l’enfant en devenir. En effet <<l’enfant est le père de l’homme >> : les premières années de la vie déterminent le type d’adulte qu’il devienne.
Les tendances qui vont déterminer ultérieurement sa vie existent en première dès cette période. Aucun enfant ne grandit en vase clos. Sur lui s’exerce depuis la vie fœtale des influences intra et extra utérines. Son développement peut aussi subir l’influence du statut socio-économique, culturel, social du milieu familial.
Mais qu’est ce que le développement ?
Selon Mazet et Houzel <<c’est un processus qui fait passer de l’état de nourrisson à l’âge adulte>>. L’enfant est un être indéfiniment perfectible donc en voie de maturation physique et psychologique.
L’étude du développement de l’enfant repose sur des données quantitatives (croissance pondérale, l’évolution structurale, l’enrichissement du vocabulaire etc…) et qualitativement plus difficile à mesurer.
Le développement se présente comme un processus interrompu mais le rythme de celui-ci n’est pas nécessairement uniforme et continu : des progressions rapides peuvent être suivies par des périodes de stagnation, de véritables régressions précédent parfois un changement brusque et total de la personnalité.
Le développement de l’enfant se divise en plusieurs stades puisque tous les êtres humains subissent des modifications à peu près identiques résultant de la maturation physiologique associée aux influences du milieu. Toutefois cette division est quelque peu arbitraire car la transition n’est pas toujours nette d’un stade à l’autre.
Qu’est ce la pédagogie différenciée ?
La notion d’évaluation n’est plus considérée comme un mal nécessaire mais comme un appui pédagogique envers chaque apprenant.
La pédagogie différenciée est connu du même courant que la pédagogie de maîtrise qui estime que la grande majorité des étudiants d’une classe normale peuvent atteindre un objectif de maîtrise si on les accorde un peu de temps et une aide suffisante pour surmonter les difficultés éprouvées. La pédagogie s’inspire du même principe en élargissant les domaines sur lesquels doit porter cette différenciation.
Chaque apprenant travaillera non seulement à son rythme mais aussi de la manière qui lui est propre. La différenciation ne porte pas uniquement sur le niveau atteint à un temps donné mais sur l’aide apportée à chaque élève pour atteindre les objectifs assignés. La connaissance que l’enseignant peut avoir de ses élèves, de leur stratégie d’apprentissage, de leurs caractéristiques socio affectifs et intellectuels sera ici du plus grand intérêt : l’attention et l’application, la capacité de collaboration, l’autonomie autant que la rapidité de compréhension, la mémoire, seront à prendre en considération.
En pédagogie différenciée on utilise trois types de situation :
- la situation impositive collective
- la situation individualisée
- la situation interactive
L’évaluation a ici deux formes simples :
- De contrôle : sommative, finale ; c’est le bilan des résultats obtenus par l’élève. Elle est normative et n’aide pas à l’apprentissage.
- De formation : tout au long de l’apprentissage : l’évaluation formative permet à l’élève d’améliorer sa production.
Seulement cela exige de l’enseignant une connaissance du programme noyau de base ; des objectifs clairement définis (c’est-à-dire opérationnels) et expliqués aux élèves.
Dans cette pédagogie différenciée on peut utiliser des élèves comme moniteurs (ils expliquent aux autres). On assiste à une transformation des rapports entre le maître et l’élève ; c’est lui le référentiel mais pas celui qui dit toujours ce qu’on doit faire.
On doit donner à l’élève un peu de pouvoir. Faire de la pédagogie différenciée, c’est se décentrer sur quelque chose de plus dynamique, réveiller l’intelligence et non accumuler le savoir. En pédagogie différenciée, c’est l’élève qui apprend. Kant ne dit-il pas que la meilleure façon de comprendre c’est de faire.
Statut de l’erreur :
Pour construire son savoir, l’élève a besoin de rencontrer l’erreur qui n’est pas toujours l’effet de la distraction, mais parfois celui d’une connaissance antérieure qui était satisfaisante mais qui, dans le cas présent ne l’est plus. Il ne suffit pas de reconnaître le droit à l’erreur mais de s’engager sur la voie d’une recherche et d’une meilleure connaissance de son origine ; car cela peut permettre de révéler des représentations fausses ou des connaissances mal assimilées. Si on admet que l appropriation des savoir est personnelle, il faut donc proposer à l’élève qui a échoué précédemment d’autres chemins pour atteindre l’objectif d’où les exercices de remédiations différenciées.
Rappelons une théorie qui a influencé la PPO (Pédagogie Par Objectif) qu’est la théorie pédagogique de l’enseignement programmé :
1------------2----------3----------4
1-----X------2---------3----------4
X-----1------2---------3----------4
Si l’élève de 1 réussit, il passe à 2, puis 3 et ensuite 4 ; sinon il passe à l’étape X pour aller à 2 ou revient à 1 pour aller à 2.
Exemple d’un enseignement différencié : classe : Effectif : 60élèves