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LES CHRONIQUES DE MARA

     

 Instabilité des ménages et Séparation des conjoints : Serigne Samba Ndiaye : «  La répétition des déceptions usent l’amour » !

En Afrique Noire, on ne conçoit pas la personne isolée, indépendante. De même que la vie est unité, la communauté humaine est une et interdépendante.
La vie sociale a pour base, naturelle et morale, la famille et le mariage. En Afrique, le mariage constitue une étape nécessaire dans la vie de chacun et il revêt un caractère sacré. Les conjoints acquièrent un nouveau statut, des alliances s’établissent entre les groupes, la cohésion sociale se renforce. Au sein de la famille, les enfants reçoivent les soins attentionnés, l’affection et l’éducation dont ils ont besoin.

Quelle évolution la société africaine a subie ?  
Confrontée à des données culturelles de type occidental, la société africaine a rapidement évolué, avec de nombreuses et profondes modifications. Elles ont entraîné le changement des mentalités avec la remise en question des valeurs, des croyances, de l’autorité des anciens et la recherche d’une réussite personnelle. Ces nouveaux schémas de pensée qui induisent de nouveaux comportements et déstructurent la société, avec d’importantes répercussions dans la famille.
La famille africaine traditionnelle, appelée famille élargie, est un ensemble de personnes qui ont des liens de parenté (parenté de filiation, d’alliance, le plus souvent fondée sur le mariage, et plus rarement sur l’amitié, le voisinage, l’intérêt ou l’adoption) et connaissent leurs droits et leurs devoirs. Tout est prévu pour que l’harmonie ne soit pas perturbée, pour que la stabilité et la sécurité de tous ses membres soient assurées.
Actuellement, le projet des jeunes est une famille plus restreintes, une famille nucléaire composée du couple et des enfants, en conservant certains caractères de la famille traditionnelle : l’entraide, l’hospitalité… et l’éducation des enfants qui reste porteurs des projets, des valeurs de la société et un gage de pérennité.
La famille est un espace de vie, et dans la mesure où elle suit la vie, elle ne sera plus jamais ce qu’elle était. L’idée que les jeunes se font du couple s’est profondément modifiée.
Maintenant, les époux veulent se choisir, avoir leur budget et gérer leur vie avec une certaine autonomie. 100% des femmes interrogées, reconnaissent cette métamorphose et considère qu’elle est bonne.
C’est aux nouvelles générations qu’il appartient de revaloriser la famille, de créer un modèle qui garde le sens la vie, assure le développement de la  personnalité, le dépassement de soi-même, le sens de la communauté et la transmission de la culture. Selon le proverbe bambara : « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va. »

Pensez aux contraintes suivantes :    
Comme l’a révélé une récente enquête du Bice-Abidjan, pour de nombreux jeunes : « Il n’est pas bon de se marier si l’on est pas capable d’assumer les responsabilités, économiques surtout, d’une famille. »
L’un et l’autre doivent s’interroger :

  • Notre maturité est-elle suffisante, pour accepter les aléas de ce changement de mode de vie ?
  • Nos sentiments sont-ils assez forts, pour nous adapter l’un à l’autre ?
  • Avons-nous le consentement de nos familles ?
  • Avons-nous des moyens suffisants pour nous installer ?
  • Nos conceptions sur la vie de nos familles sont-elles proches ou au moins compatibles (projets professionnels, partages des responsabilités, planification familiale, gestion du budget, éducation des enfants, etc.) ?
  • Si un enfant s’annonce, sommes-nous prêts à l’accueillir ?

Sachez que l »avenir d’un couple se dessine avant sa création. Sa stabilité et son harmonie ne seront possible que s’il existe : une attirance sexuelle réciproque, un amour partagé tellement puissant qu’il donne envie de ne plus se quitter, la possibilité d’être soi-même, avec le sentiment que la présence de l’autre est enrichissante, un projet de vie familiale commun, et les mêmes valeurs morales.
Avant de monter dans la même pirogue, il faut s’assurer que l’un ou l’autre sait la diriger, que la pagaie est à bord… et après, il ne faut pas la laisser tomber et emporter par le courant !

Quelles sont les principales causes de discorde ?
Chez l’homme, le cerveau domine la fonction sexuelle, en s’ingéniant à lui compliquer la tâche, alors que chez les autres mammifères, l’instinct travaille pour eux.
L’amour humain pose en définitive un problème de communication. Nous devons apprendre ce que les autres animaux accomplissent d’instinct, sans se tromper. Dire que l’amour est un « Art », c’est donc simplement rappeler la nécessité pour l’homme de consacrer plus de temps et d’attention à son apprentissage que l’animal, dont il n’est pourtant pas totalement différent.
Pour beaucoup d’hommes, les caresses et les démonstrations de tendresses ne sont pas des gestes masculins. En réalité, leur véritable nature est cachée sous une carapace que l’éducation leur a forgée : « Montre que tu es fort ! », « Ne fais pas comme les filles »
Devenu adulte, il n’osera pas exprimer ses émotions. Pourtant il n’est pas insensible, il a gardé le goût de la tendresse et les gestes d’affection de sa mère. La preuve en est qu’il suffit de le voir avec son enfant : il laisse sa véritable nature s’exprimer. Mais avec sa femme, il a peur de perdre son prestige et sa virilité en étant sensible, tendre et sentimental. Peut-être qu’il ne l’aime pas assez ! Souvent, c’est parce qu’il ignore comment lui procurer du plaisir.
« Pour l’homme, tenir compte de sa partenaire nécessite une certaine maîtrise de ses propres pulsions… La femme n’atteint pas l’orgasme aussi rapidement et facilement que lui… Elle a besoin de temps. Ceci exige que l’homme lui accorde ou offre ce temps et retarde son plaisir.
Sans échanges de tendresse, la femme est déçu, triste et malheureuse ; elle pense q’elle n’est pas aimée, et tous les prétextes seront bons pour refuser les unions. Si son mari est resté indifférent à ses efforts de séduction, elle est frustrée et perd confiance en lui. S’il ne fait pas attention à ses avances, elle est meurtrie et honteuse. Alors que, si elle refuse, elle se sens fautive.
C’est regrettable, parce que, dans la vie de tous les jours, avec un peu d’imagination, il y a beaucoup d’occasions de se faire plaisir, de créer des émotions et de faire grandir l’affection que l’on éprouve l’un pour l’autre.
Comme l’explique W. Pasini, il existe trois possibilités :

  • Dans un couple où règne l’harmonie, 1 + 1 = 3 ; la somme des deux conjoints est un troisième élément, d’une plus grande richesse. Ils sont Ils sont capables de réaliser des choses qui seraient impossibles s’ils étaient seuls.
  • Quand l’un est trop dépendant de l’autre et ne sait plus agir de façon autonome, 1 + 1 = 1 ; le couple n’est pas stable.
  • Pour d’autres, il est difficile il est difficile de penser à leur couple, à l’intérêt de leur famille et de renoncer à satisfaire leurs propres désirs Si chacun est trop occupé de lui-même et ne se soucie pas de l’autre, 1 + 1 = 0, il ne forme pas réellement un couple.

Chaque femme déploie une grande énergie pour que son foyer soit agréable et que chacun y trouve réconfort et détente. Mais, « si l’on y prend garde, les impératifs de la vie quotidienne peuvent asphyxier le couple. Le foyer est le lieu de nos plus graves soucis, de nos plus importantes responsabilités, de nos plus déconcertants conflits.
En arrivant à la maison, nous pensons immédiatement aux factures à payer, aux tâches à accomplir, aux enfants dont il faut s’occuper, aux horaires, aux travaux routiniers, à tout, sauf à faire l’amour.
Dans un foyer traditionnel, c’est au mari qu’il faut plaire, c’est lui qu’il faut contenter, c’est lui qui approuve ou désapprouve. Pour l’épouse, c’est étouffant de vivre ainsi et ses relations sexuelles ne peuvent être libres et épanouissantes.
Dans un couple ou la femme travaille, quand il rentre le soir, le mari a besoin de tout trouver prêt ; il ne se préoccupe guère de savoir si son épouse est fatiguée…
Sachez que : « L’ambition, le goût du succès ou de la réussite professionnelle et l’appât du gain ne doivent pas nous faire perdre conscience que notre corps exige un véritable équilibre entre tous ses constituants.
Quand trop occupée par sa profession, l’épouse ne consacre pas assez de temps à sa famille t à son foyer, son mari ira chercher ailleurs l’écoute et l’attention qu’il attend de sa femme. D’autant plus que beaucoup d’hommes acceptent difficilement que leur femme ait un statut social supérieur au leur ! Une bonne ne remplacera jamais une maman pour surveiller la croissance, les vaccinations, les résultats scolaires des enfants, les écouter, les encourager, les conseiller utilement.

L’infidélité, la principale cause des crises conjugales !
L’attirance pour une autre personne est inévitable, à moins de rester enfermé(e), encore faudrait-il que la maison n’ait ni porte, ni fenêtre ! Dans un village, il y a moins d’« occasions » d’être infidèle, mais dans les villes, le travaille féminin a multiplié les rencontres hommes femmes. Comme la durée de vie augmente, la vie en couple est plus longue et les tentations plus nombreuses. L’infidélité de la femme est toujours considérée comme grave et est un motif de répudiation, alors que la société admet plus volontiers celle du mari.
Pourquoi ne pas avoir une vie sexuelle stable et heureuse avec la personne aimée ?
Les motifs d’infidélité sont nombreux ; en les étudiant, on s’aperçoit que l’infidélité ne se produit pas par hasard. A son origine, on retrouve les raisons pour lesquelles on réprime, avec son conjoint, certains gestes et comportements au lieu de s’exprimer avec spontanéité. Pour beaucoup, la sexualité conjugale doit être sérieuse et il n’est pas nécessaire de lui consacrer du temps, alors que la sexualité extraconjugale est un jeu… qui vole du temps à sa famille ! Résister à la tentation n’est pas impossible. Il faut savoir que les fantasmes qui passent par la tête ne sont pas faits pour être réalisés.

Comment se protéger de l’infidélité ?
Pour certains c’est impossible. Pour d’autres, c’est la meilleure sexualité possible.
« Il faut opter pour une sexualité positive avec votre partenaire, une sexualité qui vous oblige à prendre mutuellement la responsabilité de vous exciter.
Une sexualité négative, statique, vous conduira à reprocher à votre partenaire, et au monde entier, l’échec de votre vie sexuelle, alors que vous êtes le seul et unique responsable. A l’inverse, la fidélité active entretient l’enthousiasme et se révèle être le meilleur des aphrodisiaques.
Inutile de se voiler la face, l’autre aura des tentations, il faut « tout faire » pour que le plateau de la balance penche du bon côté, celui de la fidélité. Le laisser-aller, l’égoïsme, la routine, les paroles désagréables, ne pas sentir quand l’autre a besoin de réconfort, oublier de le valoriser fond basculer le plateau du mauvais côté. La répétition des déceptions use l’amour. Chacun(e) doit faire en sorte de rester le préféré ou la préférée. C’est pendant les périodes de désaccord que la tentation des rencontres extraconjugales est la plus forte.
L’homme qui prend une maîtresse sait qu’il ne l’épousera jamais et qu’il ne pourrait pas vivre avec elle ! Comme le remarquent les malinkés : « On ne dit pas tous ses secrets à la femme d’une nuit. »

Serigne Samba Ndiaye : Phytothérapeute, site web : www.sambamara.com    

 

 

 

 


  

         

 

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