L’Acacia albida
Idendification : Cet arbre appartient au Sous-règne des Tracheobionta, à la Classe des Magnolipsida, à l’Ordre des Fabales, et à la Famille des Mimosaceae. Les wolofs l’appellent « kadd », les serer « sas », les peul « taski », les diola « bubirik », les bambaras « balâza », les djerma « gao », les gourmanché « bu lantuabu », les haoussas « gao », les malinké « korâgkonto ». Acacia albida est l'un des plus grands arbres du genre Acacia ; il atteint une hauteur de 30 m et un diamètre de 1,5 m. L’Acacia albida est l'une de ces quatorze essences majeures. Les feuilles bipennées alternes portent 3 à 9 paires de pinnules comportant 10 à 15 paires de foliolules. A la base des feuilles sont insérées deux fortes épines droites ou très largement arquées, divergentes. Le tronc grisâtre présente une écorce fortement crevassée ou fissurée. Les fleurs sont blanchâtres. Les fruits sont des gousses plus ou moins tordues, boursoufflées, rouge orangé à maturité.
Caractérisation : Il est peut-être le plus connu des « arbres utiles » du Sahel, que les paysans conservent dans leurs champs en agroforesterie. Cet arbre se rencontre cependant dans pratiquement dans toute l'Afrique. Résistant à la sécheresse, l'Acacia albida est le seul arbre du Sahel à perdre ses feuilles en saison des pluies et à reverdir pendant la saison sèche. Il offre alors un ombrage et un fourrage apprécié du bétail. Contrairement au schéma classique, l’arbre perd ses feuilles pendant la saison des pluies. Ce fait comporte plusieurs avantages : l'absence de feuilles pendant la saison des pluies permet aux rayons de soleil d'atteindre les cultures plantées au-dessous et autour de l'arbre ; durant les mois de forte chaleur de la saison sèche, le feuillage dense de l'arbre procure une ombre fraîche, du fourrage pour le bétail et protège le sol contre l'érosion éolienne et un dessèchement excessif ; les feuilles jonchant le sol au début de la saison des pluies et le fumier déposé par le bétail qui se met à l'ombre des arbres, enrichissent le sol. En outre, le kad contribue à la fertilité du sol en fixant l'azote.
La croissance de Acacia albida peut être relativement lente dans les premières années, suivant la plantation, le temps que la racine-pivot s'enfonce profondément dans le sol, mais les gaules et les arbres poussent relativement vite
Valorisation : En accroissant la fertilité du sol et les rendements agricoles et en fournissant du fourrage, Acacia albida a de nos jours considérablement augmenté le bien-être des petits paysans des régions sahéliennes. Il s'alimente dans les nappes phréatiques profondes et ne concurrence pas les cultures ; par contre sa litière améliore les sols. L'arbre fournit également du bois et le tannin de son écorce, ses fruits et ses feuilles sont utilisés dans la pharmacopée traditionnelle. L’écorce soigne la toux, la fièvre, les maux de reins, les naissances difficiles, les nausées etc… Elle est riche en tannin, 28% ; par contre, les gousses n’en contiennent que 5%. Les fruits contiennent de l’eau, des protides, des lipides, beaucoup de glucides, de la cellulose, du calcium, du phosphore et du fer.
Modalité de germination et de croissance : L’Acacia albida peut être obtenu par semis mais aussi par bouturage. Le prétraitement des graines des espèces sujettes à une inhibition tégumentaire, par une scarification à l'aide sulfurique concentré à 97% augmente la capacité et la vitesse de germination des graines d'Acacia albida. Ces graines prétraitées, séchées et ensuite conditionnées dans les récipients hermétiques en chambre froide pendant 52 semaines, maintiennent leur capacité et leur vitesse de germination. A noter que les graines sont munies d'une cuticule imperméable protectrice qui assure leur conservation pendant plusieurs années. Elles ne sont pas digérées par le bétail, qui joue probablement un rôle de dispersion de l'espèce par les déjections des animaux au cours de leurs déplacements le long des parcours traditionnels. La croissance d’A. albida peut être relativement lente dans les premières années, suivant la plantation, le temps que la racine-pivot s'enfonce profondément dans le sol.